L’histoire de La Ferté Alais par René CHAUMETTE

L’histoire de La Ferté Alais par René CHAUMETTE

L'histoire de l'église notre dame par rené chaumette

René CHAUMETTE était maître d’école. Il est une personnalité importante pour notre cité et qui a voué son existence à la ville de La Ferté Alais. René est décédé le 18 octobre 2007.

En 1945, à 25 ans, René Chaumette Maître d’école est nommé Directeur de l’École des Garçons au Cours Complémentaire annexé qu’il fera évoluer en Collège d’Enseignement Général 1er degré puis en 1969, en Collège d’Enseignement Secondaire. Il participe pendant la guerre au réseau de résistance dirigé par l’Inspecteur Louis Moreau.

la seconde guerre mondiale à la ferté alais
Louis MOREAU

A la Ferté Alais, il épouse les idées progressistes du Maire René LEGER, puis en 1963 devient 1er adjoint, et le restera pendant 4 mandats municipaux. René participe à la création de la piscine, à la construction de l’école qu’il fait appeler «  École Louis Moreau » de la cantine, du gymnase avec Victor VILAIN, à la Caisse des Écoles…

René Chaumette histoire de la Ferté Alais
René CHAUMETTE

Il donnera les noms suivants à certaines rues: Jean Moulin, Maxime Lisbonne, Prosper Galerne, Albert Camus…

Bref ! René était un humaniste.

En 2003 René publie un ouvrage intitulé:

«  En allant au cours complémentaire » de 1945 à 1969.

René Chaumette en allant au cours complémentaire
Livre de René CHAUMETTE

Bien des gamins de la Ferté Alais et des environs se souviendront de ce Hussard de la République, de ce maître d’école talentueux, érudit et humaniste qui donnait « envie d’apprendre ».

Rene Chaumette et Philippe Autrive histoire de la Ferté alais

Il y a quelques années, il s’agissait d’une des premières initiatives de mon mandat de Maire – le 30 juin 2001 – Bull. Municipal N°1- je remettais à René, la médaille de la ville pour le remercier au nom de la ville de la Ferté Alais de l’œuvre accomplie.

Philippe  AUTRIVE 

L’histoire de la Ferté Alais par René CHAUMETTE

Le nom de notre ville – La Ferté – nous transporte d’un seul coup dans cette féodalité où les nantis, les seigneurs, ont dû songer à se protéger des incursions plus ou moins barbares ou seulement de leurs voisins entreprenants et, par surcroît, à songer aussi à leur protection de leurs biens, parmi lesquels les sujets, vilains ou serfs-esclaves, constituaient par leur nombre une bonne part du calcul de leurs richesses.

la ferte alais histoire et patrimoine - église saint pierre

Ferté, de fermeté, firmitas = forteresse, ou de feritas = fierté, désigne naturellement le château-fort du seigneur de la région.

La situation étant remarquable sur la voie de pénétration que constituait la rivière, il est vraisemblable que cette région fut habitée depuis les temps les plus anciens.

Les vestiges grattés dans les dernières couches géologiques, les signes rupestres tracés sur les grottes de la vallée, font reculer très loin la présence de l’homme.

Et les sarcophages mérovingiens découverts dans les environs signalent des jeunots par rapport aux précédents. Toujours est-il qu’il y eut, au moins semblant de forteresse, lorsqu’il y eut apanage, avec suzeraineté ou vassalité et que le comte Beaudoin, premier du nom et dit «  du donjon », étendit son autorité alentour.

Encore qu’il n’est pas très bien déterminé si le Balduini de Firmitas Balduini ne fut pas plutôt le premier commandant romain de la place, auquel cas l’erreur ne serait guère que de l’ordre de mille ans, une paille dans l’histoire de l’humanité.

l'histoire de la ferté alais par rené chaumette
Le Château fort de la Ferté Alais

Le château-fort, la forteresse, donna la partie principale du nom de la ville.

Quant à la deuxième partie, la plupart des chercheurs du lieu l’attribuent à la comtesse Adélaïde ou Alix.

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L’horloge de l’église de la Ferté Alais

l'histoire de la Ferté alais

Il y a tant de La Ferté en France (21 selon le code postal) qu’il a bien fallu, pour les différencier, leur donner un qualitatif.

Va donc pour Adélaïdis qui serait devenu Alaïdis par contraction puis Aleds, Aleps et enfin Alais, encore qu’il semble plus simple de passer d’Alix directement à Alais.

Les deux derniers, Aleps et Alais, ont été employés longtemps indifféremment jusqu’à la décision officielle de 1845, bien que des reports datant des années 1880 portent encore le nom d’Aleps.

Et cette forteresse, si son fondateur importe peu direz-vous, en reste-t-il nulle trace ? Si, une place qui, derrière l’église, s’appelle la place du château. Les Fertois n’ont pas la chance des habitants des Andelys où Château-Gaillard présente des ruines encore magnifiquement debout, ni celle de ceux d’Etampes ou de Montlhéry où une tour en plus ou moins bon état témoigne visiblement de constructions beaucoup plus importantes.

Il est vrai que les châteaux-forts furent d’abord des édifices en bois ( qui brûlaient facilement ) puis en pierres solides mais qui dès le début de la Guerre de Cent Ans ( 14ème siècle ) subirent la rançon du progrès, la destruction totale grâce aux fameux canons à boulets, expérimentés la première fois à Crécy ( 1346 ). Quand le château-fort de la Ferté fut-il détruit ?

Je pense que c’est au cours de cette longue guerre, mais je n’irai pas jusqu’à affirmer que le auteurs en furent les Anglais, ni quelconques Armagnacs ou Bourguignons, ni même, plus simplement, les bandes paysannes dévastatrices de la jacquerie.

J’imagine aussi, et pourquoi pas, que la bâtisse médiévale disparue peu à peu au cours des 14ème et 15ème siècles fut quand même rafistolée par la suite, soit dans des formes similaires, soit dans des structures plus confortables comme celles que les châtelains surent édifier au 16ème siècle. La Ferté étant une châtellenie qui s’étendait sur plusieurs fiefs environnants, les comtes, ducs barons ou marquis devaient bien loger quelque part et où donc, sinon au château ? D’ailleurs, c’est au 18ème siècle, à la mort de Louis-Joseph, duc de Vendôme, seigneur de La Ferté et autres lieux, qu’on signale «  le château qui commence à tomber en ruines » ; on signale aussi, pendant longtemps, le château transformé en prison.

Selon toute vraisemblance, il ne s’agit plus du premier château, anéanti à la guerre de Cent Ans, mais de son successeur, le château mi-fort, mi-résidence, qui alors aurait vécu quand même trois cent ans, à peine moins que son aîné.

Vous direz que 300 ans, c’est un bel âge pour un château ( âge de celui de Versailles ), mais à condition qu’il soit bien entretenu et il est bien certain que celui de La Ferté était un petit château pour de grands seigneurs qui en possédaient sans doute de bien mieux aménagés et qui avaient aussi pris l’habitude, au 17ème siècle, de vivre à la Cour, laissant dépérir leurs bien immobiliers qui les intéressaient le moins. Élucubration ? Affirmation gratuite ?

Peut-être, mais je n’en mettrais pas la main au feu…

Tout ce que l’on sait, c’est que le château-fort existait aux 11ème et 12ème siècles. Les ruines des fondements, mises à jour en 1846, font apparaître un donjon de 8 m de côté avec face et pont-levis entre le presbytère et l’école maternelle actuelle.

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Cette tour-donjon commandait un système de défense en T, les deux bras du T sur le jardin du curé et l’école indiquée, et le bras principal avec la tour-donjon, sur un rectangle de 16,75 m sur 13 m depuis l’axe précisé plus haut jusqu’au tiers de la place du château. Les murs étaient épais de 2,30 m construits en pierres de taille scellées à la chaux et fortifiés de solides éperons.

De la pointe du garage actuel des services techniques (ancienne caserne des pompiers ), partaient deux murs parallèles épais de 2m qui délimitaient une galerie de 4,60 m aboutissant directement à la chapelle du Sacré-Cœur.

Et plusieurs souterrains voûtés se dirigeaient dans tous les sens… pour constituer aujourd’hui, soit des caves remarquablement fraîches chez certains Fertois, soit tout bonnement le tout-à-l’égout permanent et avantageusement incurable.

Si le donjon est le centre du château et le dernier refuge, il est protégé lui-même par une ceinture de remparts qui entoure le village placé sou son aile.

Regardez le plan de la ville : ces remparts, larges de 40 pieds ( environ 12,50 m ) suivaient les voies actuelles :

boulevard Angot, boulevard de Presles, rue Notre Dame, boulevard de la Gâtine jusqu’au Pont ( Gué ), boulevard de l’Essonne, rue du Général-Leclerc ; et cinq portes permettaient la communication avec l’extérieur et fermaient l’ensemble en cas d’alerte :

la porte de Beauce en bas de la rue de l’Hôtel-de-Ville, celle de Villiers sur la rue Eugène-Millet, celle de Baulne vers la Perception, celle du Tartre ( Tertre ) vers la piscine, et la porte Saint-Firmin au croisement de la route de Melun et du Boulevard Angot.

l'histoire de la Ferté alais
Souterrain de la Ferté Alais

La rue principale du village était la rue du Haut-Pavé qui, transversalement, joignait la porte de Beauce à la porte de Baulne.

Elle suivait la rue de l’Hôtel-de-Ville en passant devant la croix de la place de la Mairie ( grande croix du cimetière actuel ) et devant le puits de la Pie ( devenu pompe en 1851, détruite depuis ( abri des cars actuel ), la place de la Croix-Buissée devenue Place Carnot ( on y portait la couronne de buis aux Rameaux ), le carrefour du Cygne et la rue Brunel actuelle.

Une rue secondaire joignait aussi les deux portes, en parallèle, rue Notre-Dame, rue Augustin-Bellard et rue de Baulne ou Dr-Laurent-Amodru et, entre ces deux rues, serpentaient des rues ou ruelles transversales ; ruelle Saint-Pierre, rue des Forges, rue du Cygne, rue de la Corne et rue Sainte-Barbe, le tout constituant cet aspect particulièrement pittoresque de la ville et qui en fait son charme, à défaut de la fluidité automobile.

histoire de la ferté alais par rené chaumette
Serrure de la porte de Baulne

Voilà la forteresse en place ainsi que le village. Il y manque les églises et le cimetière. La paroisse d’origine était l’église Saint-Pierre plusieurs fois détruite et reconstruite qui se situait entre la rue Brunel et la rue Amodru. Le nom de la ruelle St-Pierre est demeuré et il en précise l’emplacement. Elle s’écroula de vieillesse en 1790 et fut abandonnée à son sort.

On en fit d’abord une grange puis une maison se construisit sur ses ruines.

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Quant au seigneur et à son entourage, il lui fallait son église ( ou au moins sa chapelle ) et beaucoup plus près.

Le Château avait donc sa chapelle Notre-Dame, devenue église qu’un couloir, partant du donjon permettait d’atteindre sans fatigue et déplacement à l’extérieur. Elle se situait à l’emplacement de l’église actuelle et le cimetière, lui, se trouvait juste devant, là où se trouve la maison des «  deux marquises « . Le cimetière ancien a été désaffecté en 1818, les restes des Fertois étant transportés en bloc dans le nouveau cimetière.

Serrure de la porte de Baulne
Porte de l’ancien cimetière

La chapelle du château était devenue, au 11ème siècle, une église relativement importante. Elle avait l’étendue de l’église actuelle – 43 m sur 9,80 m dans la nef et le chœur, 22 m de large au transept – et elle avait la forme de la croix latine, sans bas-côtés, orientée ouest-est.

A cette époque, avec l’aspect des basiliques primitives, elle était couverte totalement en charpente. La ligne de faîte des premiers murs, plus haute dans le chœur que dans la nef, se voit encore dans presque tout le pourtour intérieur, à l’endroit où ils ont été surélevés. Témoins aussi les petits contreforts extérieurs qui sont en calcaire coquillier comme l’intérieur qui subsiste, alors que les adjonctions ultérieures sont en pierre dure sans traces organiques.

La nef présentait quatre travées au lieu des trois actuelles qui correspondaient à l’écartement des petits contreforts, avec une fenêtre à chaque travée. La façade comportait 3 fenêtres semblables et les deux croisillons du transept avaient également des fenêtres identiques à celles de la nef. L’abside a conservé la partie supérieure de ses fenêtres cintrées qui ont été raccourcies pour percer en dessous d’autres fenêtres plus grandes, donnant plus de lumière.

En dehors du portail d’entrée, on pénétrait dans l’église par une porte dans la 4ème travée nord de la nef : on en voit la face extérieure dans la cour du cabinet médical. Ses pieds-droits, son linteau monolithe, son arc en plein cintre d’une fenêtre du 11ème. La porte a été condamnée quand le cloître fut construit. Le croisillon sud garde aussi la trace d’une porte, probablement celle qui accueillait le seigneur et sa dame venus directement du château.

Des traces donc, c’est tout ce qui reste de l’église romane du 11ème siècle à La Ferté. L’ancien clocher, les absidioles, tout a été reconstruit.

Une bonne idée de cette première église nous est donnée par celle de St-Etienne de Beaugency qui, elle, est demeurée en l’état.

l'histoire de la ferté alais par rené chaumette
Prosper Mérimée devant l’Église qu’il fera classer en 1862.

Vers la fin du 11ème siècle, les seigneurs de la Ferté firent don des églises locales à l’Abbaye de Morigny (vers 1095 – confirmation par Louis VI le Gros en 1120 à Yèvres-le-Châtel ) et l’abbé de Morigny érigea tout de suite l’église Notre-Dame en prieuré. Le service d’un prieuré comprenait au moins trois religieux dont le Supérieur était le Prieur et dépendait de l’abbé qui était en quelque sorte son évêque ( ordre régulier ), lui-même étant sous les directives de l’évêque diocésain (ordre séculier), l’évêque de Sens en l’occurrence.

Les religieux de La Ferté desservaient les deux églises et leur maison ; le prieuré se trouvait à l’angle des rues Sainte-Barbe et de Notre-Dame où il reste quelques vestiges. Entre cette maison-prieuré, la nef de l’église et le croisillon nord, l’abbé fit construire un cloître avec une grande cour surélevée en terrasse, du côté du clocher. Deux portes, une basse et une au niveau de la terrasse (avec descente par escalier de bois) faisaient communiquer le cloître avec l’église.

Près de la porte basse, on voit encore une armoire à livres aménagée dans le mur, encadrée d’une feuillure avec rainures pour tablettes en bois.

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Maquette de l’église, du prieuré et du cloître

La transformation de l’église Notre-Dame date de 1119 (12ème siècle), grâce à des libéralités importantes des rois de France (Philippe Ier, puis Louis VI le Gros, puis Louis VII et Philippe II Auguste).

C’est l’époque de la Comtesse Adélaïde.

C’est aussi l’époque des confréries, associations d’ouvriers qui, sous le nom de Logeurs du Bon Dieu et Francs-Maçons se sont employés à couvrir la France d’un manteau d’églises et de merveilleuses cathédrales. Les architectes et ingénieurs étaient ces moines savants, bénédictins, possesseurs des abbayes et prieurés de tout le territoire et qui se communiquaient leurs inventions.

SUGER notamment ; le grand abbé bénédictin, ministre de Louis VI le Gros, soutenait leurs efforts ; ancien prieur de Toury, Il s’intéressait aux constructions des abbés de Morigny dont dépendait La Ferté et il s’en est inspiré pour son église de Saint-Denis.

Ayant fondé le prieuré Notre-Dame de la Victoire à Essonnes, Suger a certainement séjourné plusieurs fois à La Ferté, en allant d’Essonnes à Morigny.

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De 1120 à 1130, on reconstruisit la nef telle qu’elle est maintenant ; vers 1140, le transept (le travers), le chœur (où l’on chante), et le clocher ; vers 1165, la flèche terminée par une pomme de pin. La croix de fer et le coq ont remplacé la pomme de pin plus tard (la flèche, en pierre taillée du Tertre, est à 43 m de hauteur, même dimension – et c’est remarquable – que la longueur de l’église ).

Elle a coûté cent sous, dit la légende, mais il s’agit sans doute d’une réparation ultérieure, lors de l’invasion anglaise.

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L’église de la Ferté Alais 1867 Anatole de Baudot Lithographie

Les architectes utilisèrent ce qui se faisait en Bourgogne et en Ile de France, croisement des ogives de l’Oise et la nef

plus élevée que le chœur comme en Bourgogne, combinaison de la voûte en berceau brisé de Bourgogne avec les ogives croisées de l’Oise, d’où le nom de croisée donné à la travée et de croisillons aux bras de la croix latine (de là aussi les fenêtres appelées croisées).

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Église de la Ferté Alais

Comme la nef était unique, sans bas-côtés, il fallut trouver un système pour épauler les voûtes.

Pour supporter et recevoir les arcs doubleaux ( d’un pilier à celui d’en face ), les nervures des arcs pariétaux (formerets), il fallut construire de nouvelles piles avec de bonnes bases solides. Les fenêtres du 11ème siècle furent bouchées et on relança trois piles massives que l’on éleva à une hauteur presque double de celles des contreforts primitifs. La nef fut donc partagée en 3 travées au lieu de 4, ces piles comprenant à l’extérieur un épais contrefort en gros moellon du Tertre, qui va jusqu’à la corniche en s’amincissant et, à l’intérieur, un pilier à triple ( à l’entrée ) ou double pilastre chanfreiné (arêtes abattues) faisant ressortir une colonne à chapiteau feuillagé dont le tailloir ( tablette sur dés ) se prolonge en ressauts sur la couronne du pilier. La colonne reçoit l’arc doubleau, le ressaut voisin, un arc diagonal, et le deuxième ressaut reçoit le formeret qui ogive les murs au-dessus des fenêtres, au départ de la voûte. La clef de voûte des arcs croisés est plus haute que celle des doubleaux et formerets (12 m au-dessus du sol ! ) ; seule, elle est marquée dans toute l’église, par une fleur ronde minuscule de primevère.

les vitraux à la ferté alaisLa nef est éclairée par 6 fenêtres latérales et une plus grande à la façade avec sommet en tiers-point et base à glacis ; elles sont très ébrasées vers l’intérieur, avec encadrement de pierre de taille.

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La voûte se partage en autant de voûtains qu’il y a de travées ou croisées. Chaque voûtain est une voûte d’ogives bombées à 8 nervures et apparaît comme un voile tendu sur les bissectrices des 4 angles des arcs croisés et retenu à sa base par des doubleaux, les formerets et les diagonaux.

Ces bissectrices font en effet saillie au-dessus des voûtes, en arêtes de pierres qui se coupent à angle droit.

Le voûtain est constitué par un blocage d’éclats de pierre noyés dans un bain de mortier ; ces pierres sont disposées en files régulières suivant les compartiments déterminés par les arcs diagonaux nord-sud contre ouest-est.

Jusque-là, les architectes n’avaient pas dépassé 5,70 m pour la portée des voûtes entre deux piles ; à La Ferté, ils ont réalisé la portée de 9,80 m !

Pour le transept et le chœur, les voûtes sur croisées d’ogives, de même facture que pour la nef, sont en matériaux de plus gros format, sans arêtes arquées en dessus mais avec bissectrices bien apparentes en dessous, surtout dans le chœur.

Il resterait bien sûr, à parler de l’abside et des absidioles, du joli clocher et même de l’histoire des cloches.

histoire de l'église notre dame de la ferté alais par rené chaumettecloche

L'histoire de la Ferté Alais
Le baptême des cloches de l’église de la Ferté Alais

Les ouvriers parfaitement illettrés connaissaient parfaitement la pratique de leur métier. Ils surent, avec toute leur foi de cette époque particulièrement pieuse, traduire les directives des moines-architectes, pour élever ces monuments étonnants qui s’élançaient vers les nuages, exprimant ainsi les aspirations symboliques de l’accès au royaume des Cieux.

                                                                                              René CHAUMETTE – 1975

Continuons la visite et voyons l’église Notre Dame de plus prés:

Au cœur de l’église Notre Dame on peut y voir une Châsse reliquaire du XVIIème siècle de toute beauté ou les reliques de Saint-Amance sont conservées:

L'histoire de la ferté alais

Cette Châsse reliquaire contient les reliques également de Saint Celsa et provient de l’église disparue de Corbeil ( Saint Léonard) et contenant les reliques de Saint Celsa et de Saint Amance rapportées des catacombes au 18 ème siècle. Elle a été restaurée et replacée dans l’église le 22 mars 2013:

L'histoire de la Ferté Alais
Inauguration de la repose de la Chasse reliquaire restaurée en 2013

L’église détient des tableaux de Saint Bernard, de la Vierge et de l’Enfant du 19ème siècle.

Le banc d’œuvre daté de 1725. Une tête d’ange ailé est fixée au centre du prie dieu. Cette tête a le crâne taillé pour épouser une moulure.

Les panneaux sont encadrés en périphérie par des consoles drapées et des grappes de fruits, identiques aux consoles de la tribune. Les panneaux centraux sont encadrés par des montants sculptés de têtes d’enfant joufflus et des acanthes.

l'histoire de la Ferté alais
Les bancs d’œuvreCe banc d’œuvre a fait l’objet d’une restauration en 2009 par l’Atelier du Crabe.

Il convient de souligner la beauté de la Tribune, contre le mur ouest devant le portail. Très belle et grande pièce comprenant onze panneaux décorés des sculptures du Christ et des apôtres ( le 12ème est caché…) – datant du 17 ème siècle et récupérés dans l’abbaye de Morigny-Champigny pour être insérés dans la tribune sans doute au 19 ème siècle; une frise située au-dessus composée de trois têtes d’anges aux ailes étendues.

La Tribune a fait l’objet d’une restauration fin 2005/2006 par l’Atelier du Crabe:

L'histoire de la Ferté Alais
La Tribune de l’église de la Ferté Alais
L'histoire de la Ferté Alais
Restauration de la tribune de l’église
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La Tribune de l’église

Les verrières de Saint-Louis, Saint-Pierre et la Vierge sont de verre coloré et de plomb.

Il importe de souligner la présence du tableau de Saint Bernard en prière, huile sur toile, œuvre exécutée par la Congrégation des Sœurs de la Sainte Enfance. Le tableau de la Vierge et l’Enfant et Saint – Jean est une huile sur toile. (fin 19 ème)

(copie de Raphaël).

Liste du patrimoine référencé.

Le tableau de Saint Wulfran, huile sur toile, est une œuvre exécutée par Soeur Célina, religieuse de la Congrégation de la Sainte Enfance, Saint Wulfran est représenté en tenue d’Archevêque, le regard levé vers le ciel. ( fin 19 ème).

Le tableau de Saint Georges entouré d’anges est une huile sur toile du 17 ème siècle.

Le tableau de l’Assomption est une huile sur toile du 19 ème siècle  » Assomption de Marie ».

Le tableau de la crucifixion est une huile sur toile, de 1842, don de Napoléon III, tableau accordé en remplacement du « Christ mort sur la croix » de Simon Guérin, demandé par le Comte Léon Delaborde pour cette église: copie exécutée par de Briges, d’aprés Prud’hon, pour un montant de 800 francs.

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La crucifixion

La commune de La Ferté Alais possède dans l’église Notre-Dame un tableau représentant la « Crucifixion ». C’est une huile sur toile de 110 cm sur 170 cm datant du XIXème siècle. Il s’agit d’une reproduction du tableau de Prud’hon «  Le Christ sur sa croix. La Madeleine et la vierge sont à ses pieds » datant de la fin du XVIIIème siècle.

Ce tableau est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Il était accroché dans le chœur de l’église à droite au-dessus de l’autel où il a été exposé à une forte humidité due notamment à des ruissellements liés à une fuite au niveau des vitraux. Le tableau menaçant de se décrocher a été déplacé, cependant il n’a pu être placé dans un endroit protégé et a donc continué à se dégrader.

La toile est endommagée à plusieurs endroits, elle présente, entre autre, de nombreuses déchirures et elle risque de se désolidariser du châssis au niveau des bords du tableau. D’autres part, une couche de poussière recouvre la toile et nous pouvons constater la présence de salissure et la dégradation du vernis et la peinture.

Des devis on été réalisés afin que le tableau puisse de nouveau être accroché dans l’église et être vu de tous.

Parallèlement, des travaux sont prévus dans l’église, en concertation avec les Architectes des Bâtiments de France afin de protéger ce monument et les œuvres présentes à l’intérieur.

La commission permanente du Conseil Général a décidé d’accorder à notre commune une subvention pour la restauration de ce tableau.

L'histoire de la Ferté Alais
Inauguration de la restauration du tableau de la Crucifixion, on y retrouve Marie FROMAIGEAT, le père GUIBERT et Philippe AUTRIVE

Le tableau  a été restauré courant 2006.

La dalle funéraire armoriée en pierre blanche sculptée date du 16ème siècle, sans effigie de plusieurs personnages: Marsault Chevrier (+1550) et Perrine Leclerc (+1568), Etienne Chevrier (+ 1618) et Nicolle Tillot (+1594).

L’autel est en bois taillé et sculpté du début du 17ème siècle, il s’agit d’un ancien coffre remployé comme façade d’autel, le décor est le sacrifice d’Abraham.

Les lustres sont en cristal et datent de la fin du 19ème siècle.

Le crucifix est en bois taillé et sculpté du début du 18ème siècle.

Le confessionnal est en bois sulpté et date de la fin du 17ème siècle.

Le bénitier est en marbre rouge taillé et sculpté, du 18ème siècle.

Les cloches méritent un détour. La cloche Bernadette en bronze date du 18ème siècle, fondue par Bollée fondeurs de cloche d’Orléans.

La cloche Scolastique est en bronze et date du 18ème siècle.  » Bénie et nommée Scholastique Constance par Dom Arnaud, fidèle constant Caron Préau de la Ferté Alais et Célérier de l’abbaye papale de Saint-Germain des Prés et Jean Agnan et Louis Foy marguillier, par dame Marie Scholastique Martin épouse de Monseigneur François Le Lièvre Delalouche, seigneur de la Motte.

Les Fonts baptismaux sont en pierre blanche et marbre taillés et sculptés, la Chaire est en bois taillé et sculpté du 19ème siècle avec cuve à 3 panneaux moulurés, avec escalier, dorsal et abat-voix.

Voila notre belle église.

 Philippe  AUTRIVE

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